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Je pars dans le vent probablement vers le néant.
Mais si ce néant s'avérait être un trésor,
je me battrais contre les puissances des ténèbres pour faire
entendre ma voix enrichie de cette expérience nouvelle, pour vous
dire la promesse que j'aurais arrachée au silence. Afin que vous
sachiez que mon coeur est devenu plus riche, mon âme plus universelle.
Que vous sachiez qu'après il y a quelque chose, autre chose. Autre
chose qui ne peut être que Dieu, qui est en réalité
Vous. L'homme matériel que nous sommes ne peut l'imaginer, et encore
moins l'appréhender. Mais je me battrai.
Je n'ai pas peur de mourir. C'est le destin de tout ce qui vit, et qui
ne vit que parce que la mort en marque la fin.
Mais ce qui me navre - ô combien ! - ; c'est de m'arrêter
d'aimer. L'important n'est pas tant d'être aimé, d'avoir
Dieu dans son coeur, mais d'être dans le coeur de Dieu. Ainsi l'amour
n'est-il plus un sentiment ponctuel, égocentrique, mais universel.
Il englobe tout autour de soi et, plus que tout autre sentiment, apporte
la plénitude, le calme, la joie, le bonheur, la compréhension
et la tolérance, mais aussi l'enthousiasme, la rage de vivre.
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