Où es-tu ? Toi, le grenier de mon enfance…

Relégué dans les tréfonds de ma mémoire.

Mesurions-nous alors l'indicible chance

D'y gambader jusqu'à ce que tombe le soir ?

 

Tu fus, tout à la fois, ami et ennemi

Compagnon discret de scénarios éphémères

Ou tombeau angoissant d'improbables momies

Surgissant de leurs litières séculaires.

 

Parfois, aussi, une grotte enchanteresse

Tenant en son centre d'éblouissants trésors.

Nous les dérobions sans plus de délicatesse

Pour aller contempler ce butin au dehors.

 

Je cherche encore à retrouver souvent

La sensation de découvrir ces merveilles

Au doux berceau secret de mes rêves d'enfant

Insouciant jardin où mon esprit s'éveille.

 

Mon âme, parée de ces diamants immortels,

Vagabonde sur les pages d'un grimoire

Dont les lignes murmurent les mots éternels

De la riante enfance aux ailes de moire.

 

Céleste endroit, existes-tu encore ?

Château de notre insouciante liberté,

De nos rêves fous, le magique corridor,

Luisant à jamais d'une sublime clarté.

 

Enfants malicieux aux yeux purs et limpides,

N'ayez de cesse de retrouver la saveur

De ces moments gracieux où l'être préside

S'abreuvant à la source pure du bonheur.

 

Et quand le temps, sur vous, son œuvre posera

Il vous souviendra, qu'un jour, au fond d'un grenier

La main d'un ange à la divine aura

Caressât vos fins cheveux d'un geste princier.

D.C. – Terre Indigo