Savez-vous donc, enfants, qu'il est un royaume

Tissé de voiles vaporeux et scintillants ?

Eden enfoui, dernier refuge des hommes,

Miroir fidèle de vos rêves chatoyants.

Invisible détenteur de vos doux secrets

Ultime reflet de vos pensées profondes,

Mais aussi le berceau de vos amers regrets

D'avoir ri, gorge déployée, face au monde.

Cela est de mise, insouciants vous fûtes,

Votre esprit libre et léger comme l'air,

S'évadait, grisé d'éphémères volutes

Nuées furtives dans de petits matins clairs.

Saisis par les premières lueurs de l'aube,

Le regard tout entier tourné vers les étoiles

Et le souffle court des voleurs en maraude,

Viviez à pleins poumons un bonheur sans voile.

Dans l'infinie succession des jours qui passent,

Surgira enfin le temps de la réflexion.

L'intériorité qui, jamais, ne se lasse

Alors émergera de son discret bastion.

Le cœur et la pensée intimidés encore

Verront poindre la lumineuse promesse

D'un destin joliment baptisé Age d'Or

Divine émanation, céleste caresse.

D. C. -Terre Indigo